taxe sur les voitures électriques en france
Taxe sur les voitures électriques en France

Taxe sur les voitures électriques en France : bientôt un paiement au kilomètre ?

La voiture électrique est aujourd’hui encouragée au nom de la transition énergétique, de la réduction des émissions de CO₂ et de l’indépendance vis-à-vis du pétrole. Pourtant, son développement pose une question fiscale de plus en plus difficile à éviter : comment l’État compensera-t-il la diminution progressive des taxes sur l’essence et le gazole ?

Le Royaume-Uni a déjà décidé d’instaurer une contribution calculée selon le kilométrage des véhicules électriques à partir du 1er avril 2028. En France, aucune mesure équivalente n’est officiellement adoptée, mais le débat pourrait rapidement devenir incontournable.

Pourquoi les voitures électriques pourraient-elles être taxées ?

Pendant plusieurs décennies, les véhicules thermiques ont contribué aux recettes publiques à travers les taxes payées sur chaque litre d’essence ou de gazole.

Le prix payé à la pompe comprend notamment des accises sur les produits énergétiques, auxquelles s’ajoute la TVA. Lorsque la consommation de carburants diminue, les recettes associées diminuent également.

Le développement de la voiture électrique constitue donc une bonne nouvelle pour la réduction de la dépendance au pétrole, mais il représente aussi une transformation profonde du modèle fiscal automobile.

Cette problématique est notamment abordée dans l’article « Qui osera taxer les véhicules électriques en France ? », publié par Le Point .

La diminution progressive des recettes sur les carburants

La fiscalité énergétique et environnementale représente une source importante de recettes publiques. Cependant, il convient de ne pas confondre l’ensemble des taxes sur l’énergie avec les seules taxes payées par les automobilistes.

Selon le Service des données et études statistiques, la fiscalité environnementale française représentait environ 50 milliards d’euros en 2023. Cette somme comprend plusieurs dizaines de taxes portant sur l’énergie, les transports, les pollutions et différentes activités ayant un impact environnemental.

Pour consulter les données officielles, retrouvez la publication du SDES consacrée aux taxes et subventions environnementales .

La composante énergétique demeure majoritaire dans cette fiscalité. La diminution des ventes d’essence et de gazole ne provoquera donc pas une disparition immédiate des recettes, mais elle entraînera progressivement un manque à gagner que les gouvernements devront anticiper.

La progression des voitures électriques en France accélère le débat

Le développement des véhicules électriques n’est plus marginal. En avril 2026, les voitures 100 % électriques représentaient 26,2 % des immatriculations de voitures neuves en France.

Les voitures hybrides rechargeables représentaient pour leur part 6 % des ventes sur la même période. Les deux catégories réunies dépassaient ainsi 32 % du marché des voitures neuves.

Il faut toutefois distinguer les voitures entièrement électriques des hybrides rechargeables. Ces dernières disposent toujours d’un moteur thermique et continuent donc à consommer du carburant lorsqu’elles ne roulent pas uniquement en mode électrique.

Ces données sont consultables dans l’étude officielle du SDES sur les motorisations des véhicules légers neufs en avril 2026 .

En mai 2026, la part des voitures entièrement électriques a même atteint 29,4 % des immatriculations neuves, selon les données publiées le mois suivant.

Consultez également le bilan du marché des voitures électriques en mai 2026 .

La taxe au kilomètre : le scénario le plus crédible

Parmi les solutions régulièrement évoquées, la taxation au kilomètre apparaît comme l’une des pistes les plus crédibles.

Le principe consiste à calculer la contribution d’un automobiliste en fonction de la distance parcourue. Un conducteur roulant 5 000 kilomètres par an paierait donc moins qu’un conducteur parcourant 30 000 kilomètres.

Quels seraient les avantages d’une taxe kilométrique ?

  • Faire contribuer les automobilistes selon leur usage réel de la route.
  • Maintenir des recettes malgré la diminution des carburants fossiles.
  • Appliquer un système indépendant de la motorisation du véhicule.
  • Faire davantage contribuer les conducteurs parcourant de longues distances.

Quels seraient les principaux inconvénients ?

  • La mise en place d’un dispositif fiable de déclaration du kilométrage.
  • Le risque de fraude ou de manipulation des compteurs.
  • Le coût administratif du contrôle et de la collecte.
  • Les questions liées à la vie privée et au suivi des déplacements.
  • Une pénalisation possible des habitants des territoires ruraux.

L’un des enjeux majeurs serait en effet territorial. Les automobilistes vivant loin des centres urbains disposent souvent de moins d’alternatives à la voiture et parcourent davantage de kilomètres pour travailler, se soigner ou accéder aux services publics.

Le Royaume-Uni appliquera une taxe kilométrique dès 2028

Le Royaume-Uni a officiellement décidé de mettre en place une nouvelle contribution appelée Electric Vehicle Excise Duty, ou eVED.

À partir du 1er avril 2028, cette taxe calculée selon le kilométrage s’appliquera aux voitures électriques à batterie, aux hybrides rechargeables et aux voitures fonctionnant avec une pile à combustible à hydrogène.

Les tarifs annoncés par le gouvernement britannique sont les suivants :

  • 3 pence par mile pour les voitures 100 % électriques et les voitures fonctionnant à l’hydrogène ;
  • 1,5 penny par mile pour les voitures hybrides rechargeables.

Cette nouvelle contribution s’ajoutera à la fiscalité automobile britannique déjà existante. Son objectif officiel est de compenser progressivement la diminution des recettes issues des taxes sur les carburants.

Les modalités sont présentées dans la publication officielle du gouvernement britannique sur l’Electric Vehicle Excise Duty .

Le gouvernement britannique a également publié une consultation détaillée sur le fonctionnement de cette taxe kilométrique .

Combien pourrait coûter la taxe britannique ?

À titre d’exemple, un automobiliste parcourant 10 000 miles par an avec une voiture électrique, soit environ 16 000 kilomètres, paierait approximativement 300 livres sterling par an sur la base d’un tarif de 3 pence par mile.

Cet exemple britannique ne permet pas de prédire le montant d’une éventuelle taxe française. Il montre néanmoins qu’une taxation kilométrique peut représenter plusieurs centaines d’euros par an pour un conducteur régulier.

Une taxe sur la recharge électrique est-elle envisageable ?

Une autre piste consisterait à taxer davantage l’électricité utilisée pour recharger les voitures électriques.

Cette solution serait relativement simple à mettre en œuvre sur les bornes publiques, puisque les opérateurs peuvent identifier la quantité d’électricité délivrée à chaque véhicule.

La recharge à domicile soulève toutefois davantage de difficultés. L’électricité utilisée par une borne domestique est généralement facturée avec le reste de la consommation du logement.

Quels dispositifs pourraient être utilisés ?

  • Un compteur électrique spécifique pour la borne de recharge.
  • Une taxation intégrée aux factures des opérateurs de recharge publique.
  • Une déclaration annuelle de la consommation liée au véhicule.
  • Une contribution forfaitaire associée à l’immatriculation.
  • Une combinaison entre taxation de la recharge et paiement au kilomètre.

Une taxation trop importante de l’électricité destinée à la recharge risquerait cependant de réduire l’intérêt économique de la voiture électrique et de ralentir son adoption.

La France pourrait-elle suivre l’exemple britannique ?

À ce jour, aucune taxe kilométrique nationale visant spécifiquement les voitures électriques n’a été officiellement adoptée en France.

Il serait donc excessif d’affirmer qu’une nouvelle taxe française est déjà décidée ou qu’elle entrera prochainement en vigueur.

Plusieurs facteurs pourraient néanmoins conduire les pouvoirs publics à ouvrir ce débat.

La baisse progressive des recettes fiscales

Chaque remplacement d’une voiture thermique par une voiture électrique réduit la consommation d’essence ou de gazole. À long terme, cette transformation diminuera mécaniquement les recettes provenant de la fiscalité sur les carburants.

Le coût d’entretien des infrastructures

Les routes, les ponts, les tunnels et les infrastructures de transport doivent continuer à être entretenus, quelle que soit l’énergie utilisée par les véhicules.

Une voiture électrique utilise les mêmes infrastructures qu’une voiture thermique. Les pouvoirs publics pourraient donc considérer qu’elle doit participer plus directement à leur financement.

La situation des finances publiques

La recherche de nouvelles recettes fiscales pourrait accélérer la réflexion. Une diminution durable des taxes sur les carburants oblige nécessairement l’État à réduire certaines dépenses, augmenter d’autres prélèvements ou créer de nouvelles contributions.

Le risque politique

Taxer davantage les voitures électriques serait politiquement délicat. Pendant plusieurs années, les automobilistes ont été encouragés à abandonner les motorisations thermiques grâce à des aides publiques, des bonus et des avantages fiscaux.

L’introduction rapide d’une nouvelle contribution pourrait être perçue comme un changement de règle par les ménages ayant investi dans un véhicule électrique.

Quel serait l’impact d’une taxe kilométrique sur les automobilistes ?

L’impact dépendrait principalement du montant retenu, du nombre de kilomètres parcourus et des éventuels abattements appliqués.

Une contribution de quelques centimes par kilomètre pourrait représenter plusieurs centaines d’euros par an pour un gros rouleur.

Les automobilistes ruraux pourraient être davantage concernés

Les habitants des zones rurales ou périurbaines parcourent généralement davantage de kilomètres que les habitants des grandes métropoles. Ils disposent également de moins de transports collectifs.

Une fiscalité kilométrique uniforme pourrait donc être considérée comme injuste si elle ne prévoit pas de mécanismes de compensation liés au lieu de résidence ou à l’activité professionnelle.

Les professionnels seraient également concernés

Les artisans, commerciaux, infirmiers, techniciens itinérants, chauffeurs et entreprises de livraison parcourent souvent des distances importantes. Une taxe kilométrique pourrait augmenter directement leurs coûts d’exploitation.

Les petits rouleurs pourraient être avantagés

À l’inverse, une contribution proportionnelle à l’usage pourrait être plus avantageuse pour les personnes utilisant peu leur voiture qu’un forfait annuel identique pour tous.

Les voitures électriques resteraient-elles économiquement intéressantes ?

Une nouvelle taxe ne supprimerait pas automatiquement tous les avantages économiques d’une voiture électrique.

Les véhicules électriques conserveraient notamment :

  • un coût énergétique souvent inférieur à celui de l’essence ou du gazole ;
  • un entretien mécanique généralement plus simple ;
  • l’absence de vidange moteur ;
  • l’absence d’embrayage sur la majorité des modèles ;
  • une récupération d’énergie au freinage ;
  • des émissions locales très faibles lors de la circulation ;
  • un accès facilité à certaines zones urbaines réglementées.

Leur rentabilité dépendrait toutefois du prix d’achat, du coût de la recharge, du kilométrage, de la dépréciation, de l’assurance et du montant d’une éventuelle nouvelle fiscalité.

Une taxe sur les voitures électriques pourrait-elle apparaître avant 2030 ?

Il est impossible d’affirmer aujourd’hui qu’une taxe kilométrique sera instaurée en France avant 2030.

En revanche, l’exemple britannique montre que certains gouvernements commencent déjà à préparer l’après-carburant. À mesure que la part des voitures électriques augmentera, la question de leur contribution au financement des infrastructures deviendra plus difficile à éviter.

Le futur système français pourrait prendre plusieurs formes :

  • une taxe au kilomètre ;
  • une contribution annuelle forfaitaire ;
  • une augmentation de la fiscalité sur les recharges publiques ;
  • une taxation spécifique des bornes domestiques ;
  • un système combinant plusieurs de ces solutions.

La question n’est donc pas seulement de savoir si les voitures électriques seront davantage taxées, mais de déterminer quand, comment et selon quels critères.

Conclusion : la fin progressive de l’exception fiscale électrique ?

La voiture électrique transforme profondément le marché automobile, la consommation énergétique et les recettes fiscales.

Avec la diminution progressive des ventes d’essence et de gazole, les gouvernements devront trouver de nouvelles ressources pour financer les infrastructures et compenser une partie des recettes perdues.

Le Royaume-Uni a déjà franchi une étape importante en confirmant une taxe kilométrique à partir d’avril 2028. En France, aucun dispositif comparable n’est officiellement adopté.

Le débat paraît néanmoins difficilement évitable. L’enjeu sera de créer un système lisible, équitable et acceptable, sans décourager la transition vers des véhicules moins dépendants des énergies fossiles.

Alors, les voitures électriques seront-elles bientôt taxées au kilomètre en France ? On parie ?

FAQ sur la taxation des voitures électriques

La France a-t-elle déjà décidé de taxer les voitures électriques au kilomètre ?

Non. À ce jour, aucune taxe kilométrique nationale visant spécifiquement les voitures électriques n’a été officiellement adoptée en France.

Pourquoi l’État pourrait-il taxer les voitures électriques ?

Le développement des voitures électriques entraîne une diminution progressive de la consommation d’essence et de gazole. L’État pourrait chercher à compenser la baisse des recettes fiscales provenant des carburants.

Le Royaume-Uni va-t-il réellement taxer les voitures électriques au kilomètre ?

Oui. À partir du 1er avril 2028, le Royaume-Uni appliquera une contribution kilométrique appelée Electric Vehicle Excise Duty aux voitures électriques, aux hybrides rechargeables et aux voitures à hydrogène.

Quel sera le montant de la taxe britannique ?

Le tarif annoncé est de 3 pence par mile pour les voitures entièrement électriques et à hydrogène, et de 1,5 penny par mile pour les hybrides rechargeables.

Une taxe pourrait-elle être appliquée sur les recharges à domicile ?

Cette possibilité peut être envisagée, mais elle serait techniquement complexe. Il faudrait différencier l’électricité utilisée par le véhicule de celle consommée par le reste du logement.

Une taxe kilométrique pénaliserait-elle les habitants des zones rurales ?

Elle pourrait davantage toucher les automobilistes ruraux, qui parcourent souvent plus de kilomètres et disposent de moins d’alternatives à la voiture. Des abattements ou des compensations pourraient être nécessaires.

Les voitures électriques resteraient-elles rentables avec une nouvelle taxe ?

Cela dépendrait du montant de la contribution, du kilométrage, du prix de l’électricité et du véhicule. Elles conserveraient néanmoins un entretien généralement plus simple et un coût énergétique souvent inférieur à celui d’une voiture thermique.

« ` [1]: https://www.gov.uk/government/consultations/consultation-on-the-introduction-of-electric-vehicle-excise-duty-eved/consultation-on-the-introduction-of-electric-vehicle-excise-duty-eved?utm_source=chatgpt.com « Consultation on the Introduction of Electric Vehicle Excise … »